26. September 1952

Gespräch in Neuchâtel (französisches Original)

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GESPRÄCH IN NEUCHÂTEL

1952

Französisches Original der Quellen der Edition des Gesprächs (s. oben, S. 387–402): der Barth zugeschickten Fragen (KBA 9352.774) und seiner Antwortnotizen (KBA 45220).

Neuchâtel – 6. Octobre 1952

Quest. 1: Relations entre Dieu et la nature.

Quelle est la différence entre 1) l’homme tel qu’il a été créé par Dieu, 2) le vieil homme et 3) l’homme nouveau?

La péché a-t-il détruit en l’homme le «tout était très bon» de Gen. 1? Si le péché n’a pas détruit en l’homme la création de Dieu, le «tout était très bon», que représente la Résurrection? Est-ce encore une recréation? Et la Résurrection n’est-elle pas une recréation? L’image de Dieu n’a-elle pas été effacée en l’homme par le péché?

Comment marquer clairement la différence entre Dieu-Providence et Dieu-Père céleste? (Action générale et action particulière de Dieu).

Que pensez-vous de la «vie éternelle» par rapport à la création présente? Qu’est-ce à vos yeux que la seconde mort? (Apoc. 2,11; 20,6; 21,8)

Y avait-il quelque chose avant que Dieu entreprît l’œuvre de création? Peut-on dire que Dieu a fait «apparaître» le mal en séparant les ténèbres de la lumière?

Barth:

a) l’homme comme créature

┌ Destiné à connaître et servir Dieu
Tout était très bon!    ┤ Co-existant avec son prochain
│ Existant dans l’unité de l’âme et du corps
└ Existant dans les limités de son temps


Tel le reflet de l’humanité de J[ésus-]C[hrist]!

b) le «vieil» homme: cette créature, qui sans cesser d’exister dans cette nature (sans distinction)

546se dénie à Dieu et à son prochain      ┐ le «péché» =
se révolte contre ce qu’elle est ┘ perversion
qui se rend coupable d’une
action sans fondement ontologique    («le possible impossible» qu[estion] 4!)
qui cour[t] le danger de

perdition: appartenir au néant, qu’elle a choisi

Tel le reflet de la rédemption en J[ésus-]C[hrist]

c) l’homme «nouveau»: cette mème créature dans sa descente tuée en J[ésus-]C[hrist], vivante dans l’espérance de sa résurrection avec lui

________

Dieu-Providence ┐ le Dieu unique ┌ créateur (en vue de J[ésus-]C[hrist])
Dieu-Père célèste ┘ dans sa qualité de └ rédempteur (étant Seigneur du monde[)]

________

Vie «éternelle»: notre vie présente révélée dans sa vérité (dont J[ésus]-C[hrist] sera le juge) telle qu’elle est déjà maintenant dans la vision de Dieu («connaitre ainsi que nous sommes connus»)

________

La «seconde mort»: Existence dans l’oubli de Dieu. «Je ne vous connais pas…» Chute dans le néant (= enfer)

________

Quelque chose avant la création? par définition: Non

________

Dieu fait «apparaître» le mal? Oui – prouvant qu’il est aussi son Seigneur. Eph. 5,13!


Quest. 2: Définir le rôle de la raison dans la vie du chrétien?

La raison est-elle un mal en soi, ou bien un instrument indifférent dans son essence, pouvant servir au bien et au mal?

La «vérité» de la raison peut-elle s’accorder avec la «vérité» de la Révélation? Comment marquer la différence entre ce que la science appelle la vérité (deux fois deux font quatre) et la vérité dont parlait Jésus: «Je suis le chemin, la vérité et la vie».

547 Luther n’a-t-il pas vitupéré contre la raison? Pourquoi?

[Barth:]

L’ordre de Dieu étant basé sur son élection, il n’y [a] pas de[s] réalités «indifférentes»

«La raison»: une qualité de l’être humain, non pas à séparer de son existence selon sa nature (bonne): voire, écouter, discerner, comprendre – Le monde extérieur et intérieur, en dernière (première!) instance: Dieu agissant dans le monde[,] sa parole, ses actions dans l’histoire, donc[:] servir au bien

L’homme qui s’oppose à Dieu agit contre la raison; il est un nabal, un imbécil

Donc: la «vérité» de la raison ne peut pas seulement s’accorder avec la vérité de la révélation. Elle est «vérité» en tant que l’homme se soumet à celle-là

Aucun raisonnement (p[ar] e[xemple] 2 x 2 = 4) n’est «vrai» en soi, mais seulement dans le contexte de la connaissance découverte[?][,] de la Vérité qui est identique avec Dieu en J[ésus-]C[hrist]!

Luther a «vitupéré» contre l’homme qui estime sa raison comme principe absolu – mesure de la Parole – au lieu de laisser mesurer ses raisonnements par la Parole.


Quest. 3: Sur quoi fonder la valeur de la vie humaine? (physique)

On a l’impression, aujourd’hui, que ce qui importe avant tout c’est la vie «de ce monde». Vivre le plus longtemps possible! Parce que, après, on ne sait pas…! On divorce en se disant: «J’ai manqué mon bonheur dans le mariage que j’ai fait. Rompons et dépêchons-nous de faire le bon mariage![»] – En parlant de la guerre on dit: «Toutes ces vies humaines sacrifiées!» La médicine semble n’avoir qu’un but: prolonger la vie le plus possible. Vivre pour vivre: on ne donne pas d’autre justification. Qu’est-ce que dire Oui à la vie, au point de vue chrétien?

Barth:

Le Oui chrétien à la vie est l’acte de reconnaissance que nous devons à Dieu le créateur de notre existence (psycho–physique)

De ce don    incompréhensible –    non pas égale, mais comparable à l’existence
de Dieu lui-même!
immérité
limité

553     don? parce qu’il contient l’occasion de connaitre Dieu, de le servir, de nous aimer –
     parce-que c’est d’elle (cette une) qu’il s’agira dans la vie éternelle!
Je vis et vous vivrez aussi!
Tu ne tueras point!


Quest. 4: Expliqueriez-vous pourquoi vois dites que le mal, le péché c’est le possible impossible?

Peut-on dire que le mal, le péché est une «réalité»? Si oui, dans quel sens? Si non, comment exprimer ce qu’il est? Dans le langage populaire, on dit en français, en parlant de quelqu’un qui mène une existence de désordre moral: il mène une vie impossible. Ou d’un d’homme avec lequel il est difficile de vivre: Il a un caractère impossible! Cette manière de parler a-t-elle un rapport avec ce que vous voulez dire?

[Barth:]

voir Quest[ion] 1


Quest. 51: On entend dire parfois que la souffrance humaine a peu de place dans votre pensée théologique, que la compassion y manque un peu. Qu’en dites-vous?

Cette remarque vient plutôt de milieux piétistes, où l’on exploite volontiers l’aspect un peu trop sentimental de la vie. Ils pensent par exemple à Wilfried Monod, qui a tant parlé de la souffrance, du problème de la souffrance. Ils pensent aussi à toute une littérature pieuse autour de vies chrétiennes vécues dans la souffrance. D’une manière générale le christianisme actuel manque de virilité. Et l’on attend souvent du pasteur une consolation dans la souffrance provenant plutôt des contingences de la vie que de la position du chrétien vis-à-vis de Dieu. – Du point de vue chrétien peut-on dire qu’il y a un problème de la souffrance?

[Barth:]
La souffrance humaine
Suis-je vraiment ce «impitoyable»?
Qui parle trop   de la pitié (miséricorde, compassion, condescendance) de Dieu?
de la grande douleur, que J[ésus-]C[hrist] a souffert pour nous?
554Dont nos souffrances ne peuvent être que des ombres?
à passer pour sa glorification
à subir dans l’espoir de la vie éternelle?
à porter en communion avec les autres et en chacun portant le fardeau de son prochain
Est-ce qu’il y a une théologie de la souffrance indépendante


Quest. 6: Est-ce exact de dire que Jésus-Christ a révélé, non pas tout ce que Dieu est, mais tout ce que l’homme peut recevoir de Dieu? «J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant». (Jean 16.12)

Cette déclaration de J[ésus-]C[hrist] est-elle en rapport avec la question posée? Ou bien fait-elle allusion aux choses qui seraient révélées aux disciples après sa Résurrection? Quoi qu’il en soit que peut-on répondre à la question posée?

[Barth:]

J[ésus-]C[hrist] a révélé tout ce que Dieu est (1.Kor 2, 10!), mais de la façon adaptée
     a) à l’homme comme tel (vases de terre 2.Kor. 4,7)
     b) à la situation présente de l’homme (par la foi 2.Kor. 5,7
dans un miroir 1.Kor. 13,12[)]
  dans sa Parole par son S[ain]t-Esprit
  au monde par le service de son peuple
  (Révélation finale sans cette restriction formelle!)


Quest. 7: Comment concevoir le gouvernement de l’Eglise d’après la Révélation?

La distinction que beaucoup de théologiens font à l’heure actuelle en[tre] l’institutionnalisme et le prophétisme (lorsqu’ils parlent de la notion d’Eglise et plus particulièrement du gouvernement de l’Eglise) est-elle fondée bibliquement? Cette distinction n’a-t-elle pas plutôt son origine dans une théologie «confessionaliste», que dans une théologie biblique objective? Autrement dit: Quelle est la vraie nature de l’Eglise et de son gouvernement selon la Révélation?

Peut-on sortir du dilemme «institutionnalisme-prophétisme», qui est une pierre d’achoppement dans les discussions œcuméniques et dans la pratique de la vie œcuménique (problème de l’intercommunion, par ex., ou encore choix d’une forme de gouvernement dans la |555 constitution des jeunes églises). Comment arriver à nous rapprocher, dans les différentes branches de l’Eglise, de la conception néotestamentaire du gouvernement de l’Eglise?

Pensez-vous que cette question est en rapport avec la notion d’Eglise, avec cette question: Qu’est-ce que l’Eglise? Et avec cette autre question: Faut-il une organisation solide et bien ordonnée, qui donne un sentiment de force aux fidèles et au monde? Ou bien faut-il avoir le minimum possible d’organisation «visible» et témoigner autrement de la réalité de l’Eglise? A cause du désarroi des esprits à l’heure actuelle, beaucoup de gens voudraient voir l’Eglise dans ses institutions extérieures; ils pensent qu’ils seraient aidés et plus rassurés.

Quest. 8: L’ordre dans l’Eglise.

Je n’ai reçu aucune précision sur cette question. Elle est du reste en rapport avec la précédente, je pense. Mais elle viserait probablement davantage aux questions de discipline. Il s’agit plutôt de la vie à l’intérieur de l’Eglise que de ce qu’elle représente vis à-vis du monde.

[Barth:]

L’église: Le corps de Christ, qui n’a pas d’ordre [et] existence que celle qu’elle doit à son Chef vivant – pas d’autre unité et continuité que celle qui est en lui – pas d’autre gouvernement que le sien – pas d’autre prérogative que celui de le suivre et de l’attendre – pas d’autre autorité que sa Parole

Les «institutions» (contributions, ordre, traditions, dogmes, fonctionnaires, culte) sont inévitables mais[?] elles appartiennent au droit humain, sont changeables, ne sont que des instruments de Service de l’église – soumis à la question de l’obéissance à renouveler chaque jour.

Le «dilemme» institutionnalisme – prophétisme? soumettre les institutions à la prophétie de J[ésus-]C[hrist] = de la Parole de Dieu

Jeunes églises? Qu’elles fassent ses expériences à eux!
Intercommunion? Qui présente la S[ain]t[e] Cène? Qui est digne de l’approcher[?]?
Organisation solide? Service – ouvrir[?] les […]3!
Plus de «désarroi» des esprits – plus d’allégresse d’écouter l’Esprit!


556Quest. 9: Comment comprendre l’œuvre de la grâce dans les sacrements? Comment les choses se passent-elles?

Quelle est la nature du sacrement? Est-ce la répétition de la parole prononcée par le Christ qui fait des espèces (eau du baptême, pain et vin de la Cène) le sacrement? Le S[ain]t Esprit est-il lié à la répétition des paroles prononcées par le Christ lors de l’institution des sacrements?

Quelle est l’action du sacrement? Apporte-t-il objectivement la grâce? Ou est-il une confirmation objective de la grâce? – A-t-il une valeur et une puissance en lui-même, et par conséquent toujours une action, soit de salut, soit de condamnation, suivant l’attitude spirituelle de celui qui le reçoit? Autrement dit, le St. Esprit, sans être limité au sacrement, est-il toujours lié au sacrament?

Le sacrament a-t-il une action physique, corporelle (I Cor.11,30)? Que faut-il dire au croyant au sujet du sacrement? Est-il légitime de vouloir définir le mode d’action du sacrament? N’est-ce pas tenter de vouloir déterminer le mode d’action de Dieu? A quoi donc faut-il limiter l’enseignement sur ce point?

Peut-on parler d’une grâce baptismale, et d’une grâce de la S[ain]te Cène? Ne s’agit-il pas toujours et pleinement de la grâce de Dieu? Comment souligner l’aspect spécifique des sacrements sans provoquer des malentendus, sur ce point, dans l’esprit des croyants?

[Barth:]

Réponse préliminaire!

1. Qu’a-t-il «Sacrement» dans le N[ouveau] T[estament]: moyens effectifs ou significatifs de la grâce? Eglise, prédication, baptême, cène, vie chrétienne peuvent-ils être autre chose que témoignages de la grâce, dont les effets et les signes sont uniquement et exclusivement l’œuvre de J[ésus-]C[hrist] et son Esprit?

2. Deux ordonnances distinguées de toutes les autres par leur […]4 spécifique, concrét – en relation à la position du chrétien vis-à-vis de son Seigneur

Baptisez! Faites-vous baptiser! Ils croient (vous croyez) – donc: faites-les s’engager, s’obliger[?] (engagez-vous, obligez-vous) individuellement une fois pour toutes!

557Faites ceci a mon mémoire! Vous croyez en moi – donc: témoignez-vous en commun (les uns aux autres!) votre conscience de ma présence!

  •   3. Action d’obéissance, de la foi, donc:
  •   sans que le S[ain]t Esprit soit limité ou lié à telles paroles ou espèces
  •   sans avoir une valeur ou une puissance intrinsèque («grâce baptismale» etc.)
  •   sans être causes de certains effets
  •   Mais exprimant la confiance, l’allégeance, l’attente du chrétien
en forme des  confessions que Dieu écoute   ┐
promesses que Dieu accepte ├   réponses!
prières que Dieu exauce ┘

exprimant la liberté du chrétien confronté avec la puissance de la grâce de Dieu lui-même


Quest. 10: Comment envisager l’art du point de vue chrétien?

Les artistes qui se préoccupent (avec beaucoup d’autres personnes) de cette question sont actuellement en France, mais ils seront là pour le séminaire. Je crois me souvenir qu’une de leurs préoccupations était celle-ci: Pensez-vous que, du point de vue chrétien, l’œuvre d’art puisse être mise sur le mème plan que n’importe quel autre travail humain? Qu’elle est bonne ou mauvaise selon l’esprit qu’on y met? Et que Dieu l’agrée ou ne l’agrée pas selon sa libre décision? Ou bien pensez-vous qu’en dehors de cela (qu’à part cela) l’art présente un caractère particulier du point de vue chrétien? Parce qu’il risque, davantage que d’autres domaines, de devenir une «religion»? – Les peintre dont je vous parle, ne croient pas à un «art religieux», qui serait différent d’un autre art, et qui aurait des qualités spéciales, mais, disent-il, il y a seulement des œuvres d’art traitant des sujets touchant à la vie religieuse ou à d’autres aspects de la vie. En voyant les choses sous cet angle, est-il légitime de placer des œuvres d’art dans un lieu où est célébré le culte? […]

[Barth:]

Que «les artistes» parlent!

  1. «Art» – un métier comme les autres. Critères de sa valeur:
    subordonné: le «savoir» – donc, connaissance des outils et des règles, […]5, apprentissage, travail – Application
    principal: pour faire quoi? (question de l’«esprit»)
  2. 558 Charactère spécial: Représentation du monde, transcendant sa réalité –
    création d’images (aemulor[?]6, imitér [?]) de la réalité «eschatologique»
    Déification? fabrication d’idoles? Pas nécessairement
    Un jeu sérieux. Mais qu’on prenne garde!
  3. L’art traitant «des sujets touchant à la vie religieuse?» Dans le paganisme l’art comme tel est une œuvre religieuse.
    Traitant des sujets chrétiens? Tentation presque inévitable (Parole faite chair) «Art» dans l’ère chrétien – Est-elle légitime? «Juger» de cette réalité? Qu’osez[-]vous?
  4. Œuvre d’art de ce genre aux lieux de culte? Non, parce qu’elle fixe l’attention sur [le] sens[?] de ces «images» – problématique en soi et en tout cas individuelle – là où la Parole devrait être libre


Quest. 118: On vous reproche toujours de ne pas tenir assez compte des exigences morales. Préciser la signification de la loi morale. Comment voyez-vous le passage de la connaissance à l’action?

L’homme fait un effort, il a quelque chose à faire et il doit faire un effort pour le réaliser. Mais n’est-ce pas l’Esprit de Dieu qui fait cet effort en lui? Peut-on (et faut-il) démarquer la part de Dieu et la part de l’homme? Comment préciser cela? (Si l’Eternel ne bâtit la maison… Ps. 127). Peut-on toucher le point d’articulation entre la Loi l’Evangile? Pourquoi faut-il toujours se tenir sur ses gardes quand on parle de la Loi, et de la pratique de la Loi?

[Barth:]

«…reproche de ne pas tenir assez compte des exigences morales»

Mais, mais, mais!    «Loi morale»: ne pas faire des reproches avant d’avoir élaboré les cases en question!

«Loi morale» = l’ordre, le commandement, l’impératif divin

559J[ésus-]C[hrist] – qui ne serait pas Seigneur?    Esprit – qui ne serait pas principe de [?] mouvement[?]?
justification – sans sanctification? Vocation – à l’inertie?
prédestination – sans vocation? Évangile – sans loi?
foi – sans obéissance? sans œuvres? Dieu – sans l’homme responsable?
connaisance – sans reconnaissance? χάρις     εὐχαριστία
grâce – sans gratitude
eschatologie – sans importance pour Eglise – sans responsabilité politique etc.
le présent? missionnaire


Quest. 12: Guerre et paix. Position de l’Eglise (chrétienne).

S’il y a une relation directe (K.D. III,4, p. 524 sq.) entre la «paix» et la guerre quand «l’Etat n’accomplit pas correctement sa tâche normale», parce qu’il permet, par ex., l’enrichissement de quelques privilégies aux dépends des autres hommes, l’Eglise n’a-t-elle pas le devoir de dénoncer énergiquement cette «corruption de la paix», au lieu de s’intéresser de loin, dans ses synodes et ses conseils, au statut des objecteurs de conscience, ce qui est une manière habile et inoffensive de soulager sa mauvaise conscience?

Autrement dit, dans le problème de la paix et de la guerre, la position de l’Eglise n’est-elle pas, tant que règne la paix, de prendre elle aussi ses responsabilités pour que l’Etat soit toujours plus juste, en sorte que chacun reçoive ce qui lui revient? Ceci suppose qu’elle doit pouvoir intervenir, par les moyens qui lui sont propres, dans les questions politiques, toute hésitation à cet égard étant un signe de faiblesse.

Sur ce point, y a-t-il possibilité d’entente entre l’Eglise et le monde?

[Barth:]

D’accord! Raison importante pour combattre certaines tendences[sic!] de notre temps, en particulier le réarmement de l’Allemagne!

Sachfußnoten

1
Handschriftliche Notiz Barths auf dem Frageblatt: «cf. Quest[ion] 11!»↩
3
Nicht entziffertes Wort.↩
4
Nicht entziffertes Wort.↩
5
Nicht entziffertes Wort.↩
6
Möglicherweise «aemulari»; mit Aemulatio wird in der Kunst eine überbietende Nachahmung bezeichnet. Das Wort ist im Mskr. von Barth unterschlängelt.↩
8
Handschriftliche Notiz Barths auf dem Frageblatt: «Quest[ion] 5!»↩