Interview mit der Zeitschrift «Réforme» (französisches Original)
INTERVIEW MIT DER ZEITSCHRIFT «RÉFORME»
Französisches Original des Artikels1, auf dem die Edition (s. oben. S. 67–72) basiert. Wie im Editionstext, sind auch hier die das Gespräch einrahmenden und an zwei Stellen in den Text eingefügten Kommentare des Interviewers nicht wiedergegeben.
Karl Barth
[…]
Ach! [...], que je n’aime pas, dans les réunions œcuméniques, tous ces discours sur les hommes qui ont fait ci et qui ont fait ça; et la morne histoire du temps passé que l’on croit utile de répéter. Tout cela n’a pas sa place dans l’Eglise, me rend malheureux ou acerbe, n’est pas digne de l’Eglise, de la Parole… de Dieu. C’est du mauvais œcuménisme. Soli Deo gloria.
[…]
Mais, il y a aussi, car Dieu est miséricordieux, un bon œcuménisme: Quand les gens sont réunis et qu’ils cherchent à se comprendre, à trouver dans leurs désaccords, un accord fondamental, puis à découvrir dans cet accord fondamental, le désaccord permanent et quand, pourtant, ils continuent d’avancer sur ce chemin difficile, le chemin de l’œcuménisme.
N’est-ce pas un peu décevant pour un dogmaticien?
Mais ici, je ne suis pas un dogmaticien. Quand je fais ma dogmatique, je dis au mieux et sans m’occuper d’autre chose ce que je crois… (un temps), ce que je comprends de la Parole de Dieu. Mais ici, nous n’avons pas à faire un credo. Heureusement. Nous avons à comprendre les autres credo qui, dans un autre langage, essayent de bien parler de Jésus-Christ et nous avons à faire comprendre comment |431 nous essayons de bien parler de Jésus-Christ. C’est aussi très bon… pour l’humilité.
Pourtant, vous n’hésitez pas à dire très clairement votre position?
Bien sûr, c’est ainsi qu’on me connaît, qu’on se connaît. Et il faut beaucoup rechercher la clarté dans le chaos de l’œcuménisme.
Même à l’égard de Rome et de Moscou?
Surtout à l’égard de Rome et de Moscou. Allons, vous ne voyez pas un cardinal assis à la table présidentielle à côté du pasteur Boegner? Non, ça ne se peut pas. Autant le dire avec allégresse, plutôt qu’en gémir.
C’est Rome et Moscou qui se sont mis en dehors de la Conférence, ensemble, et de la même manière. Je n’y puis rien.
Voilà que nous touchons à la politique du Conseil œcuménique?
Je n’aime pas ce mot de politique. Mais il faut bien que le Conseil sache où il va. C’est délicat, parce qu’il doit, dans ce domaine, agir en fonction de l’autorité de l’Ecriture sainte et non se conformer au siècle.
Prenons un exemple. Vous m’avez dit que vous n’étiez pas content de la presse mondiale quand elle parle des travaux de la Conférence. Mais êtes-vous si content de «votre» presse œcuménique, de la presse de l’Assemblée? Moi, je n’en suis pas très content; elle pense beaucoup trop au siècle, à la propagande, elle se «conforme». Non, je n’aime pas cela.
[…]
Si maintenant nous parlions des femmes? Vous avez bien présidé le Comité étudiant le rôle de la femme dans l’Eglise?
Non, non, ce sont les femmes qui présidaient. J’étais simplement consultant pour le point de vue théologique. Je ne sais pas diriger les femmes. Ou plutôt les femmes croient peut-être que je ne le sais pas, parce que je ne puis pas dire autre chose ce que dit la Bible: la Genèse et saint Paul.
Les femmes auraient voulu établir des décisions, des principes, des lois. Ce n’est pas comme cela que l’Eglise s’édifie. Mais que les femmes – elles le peuvent, certes – fournissent la preuve de l’esprit et de la force et, organiquement, elles se situeront dans l’Eglise.
Dans les Eglises?
Si nous prenons la Bible au sérieux, nous ne pouvons jamais dire sans réserve: les Eglises, ou du moins, nous mettrons toujours ces deux mots entre guillemets, même pour nos «chères Eglises réformées». C’est de l’Eglise qu’il est question, celle que chacun doit rechercher et trouver dans sa propre paroisse. C’est là que vit, c’est là qu’existe l’Eglise de Jésus-Christ. C’est dans cette perspective que les femmes doivent fournir la preuve de l’esprit et de la force… et les hommes aussi, regardant par-dessus les principes et les dominations et les frontières, selon notre héritage réformé qui nous engage à être de bons «œcuméniciens».
Pourriez-vous me dire alors comment vous envisagez le travail qui est maintenant demandé aux paroisses, à nos paroisses, dans la perspective de l’œcuménisme?
Je vais le dire tout à l’heure à Koepelkerk; venez m’écouter…